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Collaborations scientifiques

Collaboration avec les LabEx

L'Université de Lyon compte 12 laboratoires d'excellence ou LabEx. Ces laboratoires ou groupements de laboratoires favorisent l’émergence de projets scientifiques ambitieux, visibles à l’échelle internationale, notamment en recrutant des chercheurs et en investissant dans des équipements innovants.

Le Collegium de Lyon a noué des relations privilégiés avec plusieurs LabEx du site, ayant permis notamment l’invitation conjointe de chercheurs sur des thématiques des LabEx, l’organisation d’évènements scientifiques sur le site ou encore la participation des chercheurs des LabEx aux activités du Collegium de Lyon.

LabEx ASLAN

Le LabEx ASLAN (Études avancées sur la complexité du langage) réunit deux unités de recherche lyonnaises : DDL (Dynamique Du Langage) et ICAR (Interactions, Corpus, Apprentissages, Représentations).

ASLAN a démarré en 2011 pour une durée de 9 ans, avec le double objectif de consolider les activités scientifiques existantes et d’être le catalyseur de recherches émergentes et innovantes. ASLAN vise l’émergence d’approches multidimensionnelles et intégrées de l’étude de la linguistique et des activités langagières. L’objectif est d’enrichir notre compréhension de ces phénomènes mais aussi de participer à l’élaboration de réponses à des enjeux sociétaux qui leur sont liés, qu’ils soient sociaux, éducatifs, culturels, économiques ou relatifs à la santé.

Dans ce contexte, le rôle de la coopération internationale est primordial afin notamment d’éclairer les travaux du LabEx d’une vision extérieure. Par conséquent, le comité de pilotage d’ASLAN est susceptible de soutenir des candidatures à l’appel lancé par le Collegium de Lyon lorsqu’elles coïncident avec les objectifs du LabEx et de ses laboratoires constituants.

Mots-clés: Langage; Linguistique; Systèmes complexes ; Communication multimodale; Neurosciences; Sciences cognitives; Apprentissages ; Éducation; Troubles du langage ; Diversité culturelle ; Socialisation.

Contact : Coordinateur d’ASLAN : Kris Lund

LabEx MILyon

Les mathématiques et l'informatique ont de riches interactions, en particulier sur le site lyonnais au travers du LabEx MILyon. C'est aussi bien le cas dans des sujets proches de l'analyse comme le calcul scientifique et le calcul haute performance que dans des sujets plus algébriques comme la théorie des groupes et ses liens avec la dynamique symbolique, ou encore la théorie des catégories et ses applications à la représentation de systèmes concurrents.

Le LabEx souhaite renforcer ses activités pluridisciplinaires dans ces trois domaines et est à la recherche de candidatures de niveau exceptionnel :

  • soit sur les questions de calcul mathématique certifié : analyse numérique, théorie de l'approximation, bibliothèques mathématiques symboliques ou certifiées, point de vue explicite sur les systèmes dynamiques, preuve assistée par ordinateur ;
  • soit sur des problématiques de systèmes dynamiques à temps multidimensionnel, notamment au-delà du moyennable, que ce soit dans des cadres mesurés ou topologiques, limites de graphes, approximations par des modèles finis, avec les défis soulevés par les nouveaux invariants entropiques, et leurs liens avec la théorie des groupes ;
  • soit sur les modèles mathématiques des systèmes distribués ou concurrents: approches causales à la sémantique de la concurrence, utilisation d'ordres partiels, structures d'événements, liens avec la théorie des catégories et la théorie des jeux.

Le LabEx Milyon mettra à la disposition des chercheurs retenus dans le cadre de cette collaboration des moyens pour l’organisation d’activités thématiques de courte durée ou des invitations de courte durée de collaborateurs. Les candidats devront manifester un intérêt pour la participation aux activités du Collegium de Lyon et les échanges avec des chercheurs d'horizons très divers, issus notamment des sciences humaines et sociales.

Contact : Coordinateur de MILyon : Christophe Sabot

LabEx LIO

Une collaboration en cours avec le LabEx LIO (Institut des Origines de Lyon) ouvre la possibilité d’inviter chaque année un.une chercheur.se dans le domaine de l’interface Sciences de l’homme et des sociétés/Sciences de la nature. Le.la candidat.e retenu.e devra proposer un programme de recherche original sur la question des origines : approches philosophiques des origines, épistémologie, histoire des sciences (notamment histoire récente), sociologie des sciences, pédagogie des sciences, etc.

LabEx PRIMES

Le LabEx PRIMES développe des méthodes d’imagerie et de radiothérapie innovantes dans le contexte des cancers et des maladies associées au vieillissement (maladies cardio-vasculaires, neurologiques, osteo-articulaires, …). Le LabEx rassemble un consortium de 16 partenaires au sein de l’Université de Lyon, de Grenoble et de Clermont-Ferrand couvrant des domaines d’expertise en physique, traitement de l’image, sciences de la vie et informatique.

Le LabEx PRIMES souhaite renforcer ses collaborations internationales en partenariat avec l’appel à candidatures du Collegium de Lyon.

Les thématiques qui seront particulièrement prises en considération relieront les développements de nouvelles technologies en santé, particulièrement en imagerie ou en radiothérapie, à un aspect spécifique en sciences humaines et sociales.

Mots-clés : Imagerie Médicale, Radiothérapie, Radiobiologie, Modélisation, Simulation, Cancer, Radiation, Ostéoporose, Maladies Cardiovasculaires, Maladies Neurologiques

Le LabEx PRIMES mettra à la disposition des candidats retenus dans le cadre de cette collaboration des moyens pour l’organisation d’activités thématiques de courte durée ou des invitations de courte durée de collaborateurs.

Les Chaires

Afin d'inciter les candidats à s'inscrire dans des thématiques de recherche prioritaires du site de Lyon Saint-Étienne, le Collegium de Lyon a formé des partenariats visant soit à instaurer des chaires de recherches propres, soit à collaborer avec des chaires existantes.
Les deux chaires Unesco du site - celles de l'École nationale des travaux publics de l'État (ENTPE) et de l'Université Catholique de Lyon (UCLY) - bénéficient notamment d'un fléchage privilégié.

Chaire Métropole

Projet 2018 en préparation, information à venir

Chaire Unesco « Mémoire, cultures et Interculturalité », Université Catholique de Lyon

Enjeux de l’interculturalité dans la quête d’un nouvel humanisme

Il s’agit de montrer comment, dans un contexte de rapprochement des cultures, les valeurs culturelles et la recherche d’un dialogue interculturel peuvent utilement contribuer à un nouvel humanisme et répondre aux aspirations profondes des personnes et des peuples.

Droits de l’homme, diversité culturelle et mondialisation

Dans un contexte marqué par la mondialisation économique, il s’agit d’étudier les enjeux de la diversité culturelle dans la mise en œuvre des droits fondamentaux. Une telle approche requiert l’étude de paramètres déterminants (socioculturels, moraux, religieux, historiques, etc.) qui participent ou non à la mise en œuvre effective et universelle de ces droits. Nous travaillons plus particulièrement sur les médiations interculturelles à imaginer pour une éducation à la compréhension mutuelle.

Mémoire des cultures et gestion des conflits

La mémoire des cultures élargit le champ de l’universalité et constitue un enjeu fort en termes de cohésion sociale, de vouloir-vivre collectif, voire de paix entre les Etats. La recherche sur cette thématique a pour buts :

  • D’identifier les pratiques socioculturelles et religieuses intracommunautaires ou inter communautaires qui participent à la prévention des conflits
  • D’étudier le degré réel de leur efficacité dans la gestion des conflits et d’examiner en quoi ces pratiques peuvent inspirer d’autres modes de règlement des conflits

Science, cultures et dignité humaine

La rapide progression mondiale des Sciences médicales et des biotechnologies s’est accompagnée de débats internationaux sur les questions éthiques. Cependant, les perceptions internationales de ces questions sont très diverses. Il s’agit d’étudier les facteurs culturels pouvant influencer la manière de percevoir les questions éthiques et juridiques et, du même coup, le concept de dignité humaine.

Contact : Roger Koudé

Chaire Unesco, "Politiques urbaines et citoyenneté", Ecole nationale des travaux publics de l'État

La Chaire UNESCO « Politiques urbaines et citoyenneté » interroge la relation politique des citadins aux métropoles et aux institutions en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques urbaines. Elle questionne et analyse les mécanismes sociaux, spatiaux, économiques et politiques qui pèsent sur l’intégration, la cohésion ou la solidarité. La citoyenneté est ainsi abordée avec l’approche pluridisciplinaire propre aux études urbaines, sous l’angle tant des sciences politiques que de la sociologie, de la géographie ou de l’urbanisme.

Dans ce cadre, six chantiers de recherche mobilisent la Chaire et ses partenaires :

  1. les engagements citadins
  2. les populations et les pratiques marginales dans la ville
  3. le vivre ensemble et la mixité sociale
  4. la sécurité et la citoyenneté
  5. les inégalités environnementales
  6.  les effets de la compétition mondiale entre les villes

Fondée en 2007, à l'invitation de Bernard Jouve, la chaire est accueillie par l’ENTPE et est animée par des chercheurs du laboratoire Recherches interdisciplinaires ville espace société (RIVES, composante de l’UMR CNRS EVS). Elle fait partie du réseau des Chaires UNESCO France et du réseau des Chaires UNESCO consacrées à la Ville.

Contact : Eric Charmes

Autres collaborations

Projet Mémoire : Construction, déconstruction, reconstruction de la mémoire individuelle et collective

Les sociétés ont une mémoire : passerelle entre les générations et ciment de la cohésion sociale, cette mémoire collective est d'une importance capitale mais reste largement méconnue en raison de sa complexité. Il s’agit d'abord d’une mémoire mouvante soumise à des processus dynamiques difficiles à démêler et à analyser. Elle n'est jamais figée et évolue dans le temps, sous l'effet de mécanismes de construction, de déconstruction et de reconstruction permanents. Il s’agit également d’une mémoire plurielle qui ne saurait se réduire à l'étude de la mémoire des seules nations. Chaque groupe plus ou moins homogène a « sa » propre mémoire : l’importance des questions liées à la mémoire nationale ne doit occulter ni l’importance de la mémoire des groupes dits « restreints » (mémoires des communautés religieuses et ethniques, des groupes socioprofessionnels, etc.), ni celle des groupes qui dépassent le cadre étatique (mémoire européenne ou internationale en lien avec des questions spécifiques comme celle de la Shoah, des autres génocides, ou des conflits mondiaux). Ces mémoires plurielles se conjuguent les unes avec les autres et entrent parfois en contradiction. Elles peuvent engendrer aussi bien des phénomènes de cohésion que des phénomènes de conflit.

Les questions liées à la mémoire (aux mémoires) individuelle(s) et collective(s) revêtent une importance particulière dans les sociétés qui ont connu des événements traumatiques tels qu’une guerre (les deux guerres mondiales, la guerre d’Algérie pour la France), une dictature (dictature militaire pour le Brésil, régime de Vichy pour la France) ou des massacres (notamment la Shoah en raison de son caractère universel). Comment se construit(sent) la mémoire (ou les mémoires) de tels événements ? Comment évolue(ent) elle(s), de reconstruction en déconstructions, d’oubli en redécouverte, de lecture « officielle » en relecture dissidente ? Comment ces différentes mémoires cohabitent-elles ou s’opposent-elles ? Comment une société se construit-elle sur une mémoire collective qui la façonne mais qu’elle façonne également en fonction de ses besoins et de ses valeurs ?

Pour tenter d’approcher ce processus complexe de construction / déconstruction / reconstruction de la mémoire « posttraumatique », des spécialistes lyonnais de différentes disciplines ont commencé à travailler : juristes, philosophes, historiens, sociologues, politologues, sociologues, anthropologues, mais aussi spécialistes de lettres et de langues, d’arts plastiques et d’architecture, tant il est vrai que la création artistique (par le roman, la peinture, la bande dessinée ou le cinéma) joue en rôle essentiel en ce domaine. Sont également associés au projet des psychologues, des psychanalystes et des psychiatres. Enfin, le projet s’ouvrira sur les sciences « dures », notamment les neurosciences, dont l’apport est particulièrement intéressant en la matière.

L'objectif est de proposer une approche transdisciplinaire des questions liées à la mémoire collective, en s’intéressant d’abord aux sciences sociales et en s’ouvrant dans un second temps sur les autres sciences, notamment les sciences cognitives et les sciences médicales. Dans le cadre de ce projet, un premier pont sera jeté entre SHS et sciences « dures », grâce à une ouverture sur la psychanalyse et sur les neurosciences. A terme, il s’agit de construire un projet global sur les questions liées à la mémoire individuelle et collective, dans la perspective d’un projet COFECUB (Brésil) et d’un projet ANR. Le projet a également pour fonction de mettre en réseau horizontal (sur Lyon) les nombreux chercheurs de l’Université de Lyon (UdL) qui travaillent en réseau vertical (avec des chercheurs français et étrangers) sur ces questions. A terme, le projet pourrait déboucher sur la création d’une structure fédérative ou d’une équipe de recherche. Le projet s’inscrit également dans le cadre d’un des axes de l’IDEX : Mémoire et patrimoine, qu’il contribuera à construire.

Côté Université de Lyon, le projet réunit des chercheurs de différents établissements (Université Jean Moulin Lyon 3, Université Lumière Lyon 2, ENS de Lyon, Science-Po Lyon, École d’architecture, ENSATT) ayant déjà travaillé ensemble sur ces questions, et s’ouvrira à des chercheurs de l’Université Jean Monnet de Saint Etienne et de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Plusieurs laboratoires du CNRS sont également impliqués dans le projet (Centre Max Weber, LARHRA, GERPHAU). Y sont associés des chercheurs brésiliens, argentins, chiliens, colombiens, espagnols, allemands, suisses, algériens, cambodgiens et russes.

Les manifestations (colloques, séminaires, journées de travail) organisées jusqu’ici et envisagées pour les années à venir sont centrés essentiellement sur trois thématiques :

  • Tout phénomène mémoriel implique un processus de sélection des données, poussant certaines informations vers l'oubli et d'autres vers l'inscription dans la mémoire de chaque groupe considéré. Le problème initial est celui des sources matérielles de la mémoire, des supports à partir desquels la mémoire collective pourra ensuite se construire. L'apport des archivistes et des spécialistes de méthodologie historique serait ici précieux pour comprendre en quoi le traitement des sources proprement historiques (choix de conservation ou d'élimination des archives, systèmes de classement des documents existants, méthodes de recueillement des témoignages) conditionne la formation ultérieure des phénomènes mémoriels. Mais la construction de la mémoire ne se fait pas uniquement à partir des matériaux employés par les historiens « professionnels ». Le cinéma, les romans, les bandes dessinées, les mass-médias, la transmission orale dans le cadre intrafamilial, l’image sous ses différentes formes (films, photos, tableaux, etc.), véhiculent des informations sur le passé qui ne sont pas toujours strictement conformes à la réalité historique, mais qui contribuent pourtant largement à façonner la mémoire collective. L’explication de ces discordances, et des mécanismes généraux de formation des phénomènes mémoriels, nécessite une approche pluridisciplinaire (histoire, droit, lettres, langues, sociologie, science politique, philosophie) qui s’ouvrira sur la psychanalyse, en attendant que le projet puisse se développer vers d’autres sciences telles que les neurosciences.
  • Une mémoire n’est jamais stabilisée : elle s’inscrit dans un processus permanent d’évolution en s’enrichissant mais aussi en s’appauvrissant. Il y a des mémoires oubliées, des mémoires censurées (et le droit joue un rôle important en la matière), des mémoires valorisées, etc. Les mêmes événements peuvent être lus ou relus de manières diverses selon les besoins ou selon les préoccupations de la société (cf. en France l’histoire de la Résistance ou au Brésil, en Argentine ou en Espagne, la mémoire de la dictature). Parfois, les mêmes sources peuvent être réinterprétées de façon radicalement différentes : la littérature, le cinéma, la bande dessinée en témoignent, ou de façon plus symbolique encore, l’architecture mémorielle. En ce sens, la mémoire ou les mémoires du passé nous apprennent beaucoup sur le présent de nos sociétés. Là encore, l’apport de la psychanalyse et des sciences « dures », notamment des neurosciences, sera particulièrement éclairant.
  • Mémoire et imaginaire : dès l’origine, l’imagination s’entremêle à la mémoire. Pour devenir utilisable individuellement et socialement, la mémoire doit se structurer, pour être racontée plus tard à d’autres et à soi-même. Les souvenirs sont intégrés dans une mise en scène, mise en récit, une reconfiguration narrative qui fait de toute réminiscence une manière de raconter et re-raconter une histoire. Cette trame narrative glisse insensiblement vers des archétypes mythiques, insérant ainsi des péripéties passées dans un prototype d’histoires intemporelles et créant de nouvelles formes de vérités. Autant de manières de faire glisser la mémoire vers l’imaginaire et, en retour, de créer un nouvel imaginaire à partir de faits « réels » transfigurés qui à leur tour contribueront à forger la mémoire individuelle et collective. Mémoire et imaginaire se nourrissent l’un de l’autre. Il s’agira donc d’analyser les liens entre mémoire et imaginaire à travers le récit historique mais aussi la fiction et plus généralement la création artistique. Sera particulièrement étudiée la mémoire individuelle et collective post traumatique : guerre, dictature, génocide, attentat.

Contact : Hugues Fulchiron, professeur à l’Université Jean Moulin Lyon 3, Institut universitaire de France